Infirmières à domicile : quelle qualité de vie au travail ?

Infirmières à domicile : quelle qualité de vie au travail ?

La semaine dernière, du 11 au 15 juin, s’est déroulée la 15ème édition de la semaine de la qualité de vie au travail. Alors nous avons décidé de nous pencher sur la qualité de vie au travail des infirmières à domicile, avec lesquelles libheros a la chance de travailler au quotidien. Au fil de nos entretiens avec elles, nous avons compris peu à peu les hauts et bas d’un métier dédié à autrui…

Ce qui impacte négativement la qualité de vie au travail des infirmières à domicile :

Le déplacement permanent :

Une infirmière à domicile peut rendre visite à plus de 50 patients par jour ! C’est du sport, que de grimper tous ces étages, de courir au laboratoire rapporter les prélèvements, puis chez le médecin récupérer le nouvelle ordonnance, et ainsi de suite…

L’effort physique lors des soins :

Qu’il s’agisse de porter une personne âgée corpulente pour l’aider à faire sa toilette ou de maintenir immobile la partie du corps à panser d’un patient handicapé, l’infirmière est amenée à faire des mouvements pénibles qui peuvent même conduire à des troubles musculo-squelettiques (TMS).

L’isolement :

Etre infirmière à domicile, c’est être seule malgré toutes les personnes que l’on rencontre ou soigne au cours de la journée ; pas de collègue (et encore moins de médecin) à qui demander conseil pour une décision difficile, ou sur qui déverser son émotion après un passage houleux chez un patient

Le stress, notamment vis-à-vis d’une administration menaçante et sibylline :

Ai-je coté mes soins correctement ? Ai-je bien payé mes cotisations à l’URSSAF ? Recevrai-je une amende pour avoir stationné ici, ce qui est interdit mais le seul endroit possible pour me rendre chez cette patiente ?

Des relations humaines parfois (très) problématiques :

De l’infirmier du cabinet voisin qui ne dit pas bonjour à sa “concurrente” au patient désagréable voire violent ou lubrique…

Une certaine insécurité :

Si elle choisit le mauvais remplaçant, elle n’est pas sûre de retrouver sa patientèle intacte ; si elle tombe malade, toute journée sans travail est une journée sans revenus…

 

La difficulté du métier conduit même de nombreuses infirmières libérales à retourner travailler à l’hôpital, ou à arrêter le soin en entrant dans une structure sur des postes de conseil ou de coordination.

De plus, des initiatives existent pour apporter de l’aide aux soignants, comme la hotline d’écoute mise en place par l’Ordre Infirmier.

 

Heureusement, il y a aussi des facteurs qui contribuent à améliorer la qualité de vie au travail des infirmières à domicile :

Le sentiment de liberté et d’autonomie :

C’est le Graal que recherchent celles qui fuient l’hôpital ; enfin, elles peuvent s’organiser comme elles le souhaitent, accepter ou non des patients, “travailler plus pour gagner plus” si c’est leur choix.

La preuve d’être utile :

Soigner, soulager, rassurer petits et grands, jeunes et vieux, n’est-ce pas un des rares métiers d’aujourd’hui où il est si facile de voir le sens de ce que l’on fait ?

La relation avec le patient :

Dans la majorité des cas, la relation avec le patient se déroule bien, voire peut être riche émotionnellement parlant ; intervenir dans l’intimité de son domicile, le suivre sur plusieurs semaines, mois ou années sont des facteurs d’attachement très forts.

 

Chez libheros, nous essayons modestement d’améliorer la qualité de vie au travail des infirmières à domicile :

  • avec libheros PRO, nous voulons les aider à renouveler leur patientèle et à éviter le stress des appels intempestifs alors qu’elles sont en soins ;
  • avec libheros Réseau, nous souhaitons les aider à rompre l’isolement grâce à un réseau de professionnels de santé et l’apport d’informations de qualité pour répondre aux nombreuses questions qu’elles se posent sans avoir de référent à qui s’adresser.

 

Pour compléter votre lecture, découvrez les témoignages de deux infirmières à domicile : notre interview avec Frédérique, et notre retour sur le livre de Charline.