Compléments nutritionnels oraux (CNO) : à quoi servent-ils et comment bien les prendre ?

Introduction

En France, la dénutrition touche plus de 2 millions de personnes, dont 4 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile et 40 % des malades atteints de cancer [1]. Souvent silencieuse, elle fait fondre les muscles, fatigue, augmente le risque de chute et réduit l’efficacité des traitements.

Pour y faire face, l’alimentation reste la priorité. Mais quand les repas enrichis ne suffisent plus, votre médecin ou votre infirmier en pratique avancée (IPA) peut vous prescrire des compléments nutritionnels oraux, ou CNO.

Vous venez de recevoir une ordonnance de CNO, ou l’un de vos proches est concerné ? Objectif de cet article : comprendre à quoi ils servent, comment bien les prendre au quotidien et comment être accompagné à domicile par un infirmier libéral.

Points clés à retenir sur les CNO

  • Les CNO sont des produits concentrés en énergie et/ou en protéines, prescrits pour traiter la dénutrition.
  • Ils complètent les repas mais ne les remplacent jamais.
  • La dose recommandée apporte au moins 400 kcal et/ou 30 g de protéines par jour, soit le plus souvent 2 unités par jour [2].
  • Ils se prennent de préférence en collation, au moins 2 heures avant ou après un repas [4].
  • Ils sont remboursés sur prescription quand la dénutrition est diagnostiquée [3].
  • Un infirmier à domicile peut vous aider à les prendre régulièrement et à suivre votre poids.
  • Vos CNO peuvent être livrés chez vous grâce à libheros

Qu’est-ce qu’un complément nutritionnel oral (CNO) ?

Un CNO est un mélange nutritif hyperénergétique et/ou hyperprotéiné, enrichi en vitamines et minéraux. Ce n’est ni un médicament, ni un complément alimentaire en vente libre : c’est une denrée alimentaire destinée à des fins médicales spéciales, à utiliser sous contrôle médical [3].

Attention à la confusion : les compléments alimentaires (vitamines, magnésium, oligo-éléments…) ne traitent pas la dénutrition. Les CNO, eux, apportent des calories et des protéines en petit volume.

Des formes, textures et saveurs variées

Les CNO existent sous de nombreuses formes pour s’adapter à vos goûts et à vos difficultés :

  • Boissons lactées ou fruitées, sucrées ou salées.
  • Crèmes et desserts, utiles en cas de fausses routes avec les liquides.
  • Potages et plats salés, à consommer chauds.
  • Poudres à mélanger dans une purée, une soupe ou une compote.
  • Biscuits et préparations pour le petit-déjeuner.

Toutes ces formes n’apportent pas la même quantité d’énergie et de protéines. C’est pourquoi le produit est choisi selon votre objectif nutritionnel. Des CNO spécifiques existent en cas de diabète, d’escarre ou d’insuffisance rénale.

Pour qui les CNO sont-ils prescrits ?

Les CNO s’adressent notamment aux personnes dénutries ou à risque de dénutrition, en particulier les personnes de 70 ans et plus, les patients atteints de cancer ou de maladie chronique, et les personnes qui sortent d’hospitalisation.

Les signes qui doivent alerter

  • Une perte de poids involontaire d’au moins 3 kg en 3 mois [6].
  • Une perte d’appétit récente [6].
  • De la fatigue, une perte de force musculaire, des difficultés à manger ou à mâcher.
  • Des vêtements qui deviennent trop grands, moins de sorties, un moral en baisse.

Ne banalisez pas ces signes. Parlez-en à votre médecin traitant ou à votre infirmier. Un infirmier libéral peut faire un premier repérage lors de ses visites à domicile.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic est posé par un médecin ou un IPA, selon les critères de la Haute Autorité de santé. Par exemple, une perte de poids d’au moins 5 % en 1 mois ou 10 % en 6 mois est un critère de dénutrition [5]. Pour un adulte de 70 kg, cela correspond à 3,5 kg en 1 mois.

Les CNO, une étape après l’enrichissement des repas

En cas de dénutrition modérée, on commence par enrichir les repas (fromage râpé, œufs, crème, lait en poudre…) et par fractionner les prises. Si cela ne suffit pas après 15 jours à 1 mois, ou d’emblée en cas de dénutrition sévère, les CNO sont ajoutés [2].

Comment bien prendre ses CNO au quotidien ?

Les CNO sont un traitement à part entière : pour être efficaces, ils doivent être pris tous les jours, à la dose prescrite. Or 25 % des patients arrêtent leurs CNO au bout de 2 semaines [7]. Voici quelques conseils pour tenir dans la durée.

Les bons moments

  • Prenez vos CNO en collation, au moins 2 heures avant ou après un repas, pour ne pas couper l’appétit [4].
  • Exemple de rythme : en milieu de matinée, au goûter et en soirée.
  • Vous pouvez boire votre CNO par petites gorgées, sur 30 minutes à 1 heure.

La bonne conservation

  • Avant ouverture : suivez les indications de l’emballage.
  • Après ouverture : 2 heures maximum à température ambiante et 24 heures maximum au réfrigérateur [4].

Les astuces pour varier les plaisirs

  • Changez de saveur régulièrement : la lassitude est la première cause d’abandon.
  • Servez les boissons bien fraîches, dans un verre plutôt qu’à la paille.
  • Passez les crèmes au congélateur pour obtenir une texture de glace.
  • Réchauffez les potages et préparations salées, sans faire bouillir.
  • Intégrez les CNO dans vos recettes : milk-shake, flan, gâteau, soupe.

Signalez tout inconfort

Si le goût ne vous convient pas, si vous avez des ballonnements ou des troubles digestifs, parlez-en à votre pharmacien, à votre infirmier ou à votre médecin. Une autre texture ou saveur peut être proposée.

Prescription, délivrance et remboursement des CNO

Les CNO sont remboursés par l’Assurance maladie à trois conditions : le produit est inscrit sur la liste des produits remboursables (LPPR), l’ordonnance précise le produit et le nombre d’unités par jour, et la dénutrition répond aux critères de la HAS [3].

Un parcours en 3 étapes [8]

  1. Jour 0 – la prescription initiale : le médecin ou l’IPA prescrit les CNO pour 1 mois maximum.
  2. Jour 10 – le point en pharmacie : la première délivrance est limitée à 10 jours. Le pharmacien vérifie que vous prenez bien vos CNO et peut adapter le goût ou la texture, sans changer la dose prescrite.
  3. Jour 30 – la réévaluation : votre médecin fait le point (poids, appétit, tolérance, régularité de prise). Il peut renouveler l’ordonnance par périodes de 3 mois maximum.

Bon à savoir : si votre première ordonnance a été faite par un IPA, c’est un médecin qui la renouvellera au-delà du premier mois.

Pensez à l’infirmier à domicile. Le médecin peut aussi prescrire un suivi infirmier à domicile pour vous accompagner dans la prise de vos CNO. Une ordonnance indiquant « à domicile » permet sa prise en charge. Vous pouvez trouver un infirmier libéral près de chez vous sur libheros.fr.

Faites-vous livrer vos CNO à domicile. Difficile de vous déplacer en pharmacie fréquemment ? libheros propose un service de livraison de CNO à domicile avec son partenaire Bastide. La demande se fait en 3 étapes :

  1. Vous remplissez le formulaire en ligne et y joignez l’ordonnance de CNO. Il peut être rempli par vous, un proche aidant ou un professionnel de santé.
  2. La demande est transmise à Bastide, avec l’ordonnance.
  3. Bastide vous contacte, vous ou votre aidant, pour organiser la livraison et préciser l’ordonnance si besoin.

Ce service concerne uniquement les CNO prescrits. Pour vos autres médicaments, votre pharmacie de quartier peut souvent livrer : trouvez une pharmacie près de chez vous.

Quel est le rôle de l’infirmier dans le suivi à domicile ?

À vos côtés, deux types d’infirmiers interviennent, en lien avec votre médecin et votre pharmacien.

Les infirmiers libéraux (IDEL) vous connaissent bien : vos goûts, vos habitudes, votre rythme de vie. Lors de leurs passages, ils peuvent :

  • repérer une perte de poids ou d’appétit et vous orienter vers une consultation ;
  • vous expliquer l’intérêt des CNO et trouver avec vous les bons moments pour les prendre ;
  • vérifier que les CNO sont bien consommés et non périmés ;
  • suivre votre poids, toujours sur la même balance et au même moment de la journée ;
  • impliquer vos proches et aidants dans la routine de prise.

Les infirmiers en pratique avancée (IPA) vont plus loin. Ils évaluent votre état nutritionnel et peuvent poser le diagnostic de dénutrition et faire la première prescription de CNO.

Grâce à cette coordination, la dénutrition est repérée plus tôt et mieux suivie. Besoin d’un infirmier à domicile ? Prenez rendez-vous en quelques clics sur libheros.fr.

Sources

[1] Ministère des Solidarités et de la Santé – Semaine nationale de la dénutrition. Consulté en octobre 2026.

[2] Haute Autorité de santé – Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. Recommandations professionnelles, 2007 (mise à jour 2008).

[3] Collectif de lutte contre la dénutrition – Fiche d’aide à la délivrance des compléments nutritionnels oraux. Consulté en octobre 2026.

[4] Réseau régional de cancérologie Onco Hauts-de-France – Fiches pratiques sur les compléments nutritionnels oraux.

[5] Haute Autorité de santé – Diagnostic de la dénutrition chez l’enfant, l’adulte et la personne de 70 ans et plus. Fiche outil, novembre 2021.

[6] Organisation mondiale de la santé – Programme ICOPE (soins intégrés pour les personnes âgées), volet nutrition.

[7] Patient adherence to oral nutritional supplements (ONS). CELESIO Research, Royaume-Uni, 2016. Enquête téléphonique auprès de 1 000 patients suivis pendant 8 semaines.

[8] Arrêté du 7 mai 2019 relatif aux conditions de prise en charge des produits pour complémentation nutritionnelle orale, Légifrance.

Les CNO peuvent-ils remplacer un repas ?

Non. Les CNO complètent l’alimentation, ils ne la remplacent jamais. Continuez à manger vos repas habituels, enrichis si possible, et prenez vos CNO en plus, à distance des repas.

Combien de CNO faut-il prendre par jour ?

La dose est fixée par votre médecin ou votre IPA. Elle vise au moins 400 kcal et/ou 30 g de protéines par jour, soit le plus souvent 2 unités par jour [2].

Les CNO font-ils grossir ?

Leur objectif est de stopper la perte de poids et de préserver vos muscles. La dose est ajustée à vos besoins et réévaluée chaque mois au début, puis tous les 3 mois au plus [8].

Peut-on prendre des CNO quand on est diabétique ?

Oui. Des CNO adaptés au diabète existent. Signalez votre diabète au prescripteur et surveillez votre glycémie comme d’habitude.

Les CNO sont-ils remboursés ?

Oui, sur ordonnance, si le produit est inscrit sur la liste des produits remboursables et si la dénutrition est diagnostiquée selon les critères de la HAS [3]. Votre complémentaire santé peut couvrir le reste à charge.

Je n’aime pas le goût de mes CNO, que faire ?

Ne les arrêtez pas sans en parler. Votre IPA ou votre médecin traitant peut changer la saveur ou la texture lors du renouvellement de la délivrance, sans modifier la dose [8]. Vous pouvez aussi les intégrer dans vos recettes.

Combien de temps se conserve un CNO ouvert ?

2 heures à température ambiante, 24 heures au réfrigérateur [4]. Au-delà, jetez-le.

Un infirmier peut-il m’aider à domicile ?

Oui. Sur prescription, un infirmier libéral peut suivre votre poids et vous accompagner dans la prise de vos CNO. Prenez rendez-vous sur libheros.fr.

Puis-je me faire livrer mes CNO à domicile ?

Oui. Remplissez le formulaire de livraison de CNO sur libheros.fr en joignant votre ordonnance. Notre partenaire Bastide vous contacte ensuite pour organiser la livraison chez vous.

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