Diplômée en 2013, Camille a longtemps navigué entre les services hospitaliers avant de s’installer en libéral en avril 2021, à Pontault-Combault, en Seine-et-Marne. Un virage professionnel qui lui a offert la liberté et la polyvalence qu’elle cherchait depuis toujours. Portrait d’une infirmière qui aime aller au-delà du soin.
Une vocation d’enfance, un déclic imposé par les circonstances
Chez Camille, devenir infirmière n’a jamais vraiment été une question. Deux tantes infirmières, l’envie de soigner les autres depuis toute petite : après le bac, direction l’IFSI, sans hésitation. « Je ne me voyais pas faire autre chose », résume-t-elle simplement.
Diplômée en 2013, elle enchaîne presque tous les services hospitaliers, portée par l’envie d’apprendre et de découvrir toutes les facettes du métier. Mais au fil du temps, un constat s’impose : l’hôpital se transforme, le temps soignant est moins valorisé, entre gestion des chambres et logique d’hospitalisation.
Devenir infirmière à domicile s’est joué en un instant. En arrêt pendant le Covid après une blessure, Camille saute le pas du jour au lendemain et rejoint un cabinet libéral où elle avait fait un stage, aux côtés de ses mentors. Une nouvelle liberté s’ouvre à elle : organiser ses tournées, gérer son administratif, retrouver la main sur son quotidien professionnel.
Une patientèle façonnée par le grand âge et le lien de proximité
Aujourd’hui, les trois quarts de la patientèle de Camille sont des personnes âgées, souvent diabétiques ou sous insuline, qu’elle voit une à trois fois par jour. Un rythme soutenu, mais qui lui permet de jouer un rôle bien plus large que le soin technique : accompagner l’observance des traitements, faire le lien avec l’assistante sociale, croiser la factrice pour s’assurer que tout va bien. À cela s’ajoutent les soins plus classiques : pansements, perfusions, prélèvements.
Un rôle qui s’élargit, une autonomie encore à développer
Ces dernières années, le métier s’est enrichi de nouvelles compétences : prescription de vaccins, sollicitations pour se former au certificat de décès. Des évolutions que Camille accueille positivement, tout en portant une conviction forte : les infirmiers libéraux pourraient aller encore plus loin. Elle se verrait bien prescrire elle-même certains pansements avec substances médicamenteuses, ou encore des applications à glycémie.
Prévention, coordination : un accompagnement qui va au-delà du soin
Concrètement, Camille réalise des bilans de prévention adaptés à chaque tranche d’âge. Elle accompagne aussi certains patients bien au-delà du soin prescrit : identifier un problème lors d’un pansement, orienter vers le bon interlocuteur, coordonner un parcours de soins. Aller au delà du soin infirmier pour faciliter et sécuriser l’accès à la santé.
Beaucoup de patients apprécient cette dimension « tout en un » de l’infirmière libérale, disponible et polyvalente.
Aller chercher les médicaments à la pharmacie pour un patient. Faire les courses ou apporter un repas à une personne isolée, après avoir repéré un problème de nutrition. Recevoir un cadeau d’anniversaire d’un patient devenu presque un proche. Autant de gestes qui débordent largement la fiche de poste, mais qui disent beaucoup de la relation qui se tisse avec le temps.
Ce qui la fait vibrer dans son métier
Ce que Camille apprécie le plus, c’est de pouvoir agir sur des fronts différents : les actions de prévention menées avec libheros, ou encore la téléconsultation assistée mise en place avec la CPTS. Une diversité de missions qui, pour elle, incarne tout le potentiel du métier.
Les chantiers d’avenir de la profession
Même si les récentes évolutions réglementaires élargissent peu à peu les compétences infirmières, Camille appelle à aller plus loin : davantage d’autonomie, une meilleure valorisation financière des actes, et un allègement des charges , pour que la reconnaissance du métier suive enfin son rôle grandissant dans le parcours de soins.