Cancer du sein : mieux comprendre cette maladie

Cancer du sein : mieux comprendre cette maladie

Le cancer du sein est le premier cancer chez la femme. Il a causé 12 146 décès en 2018 en France.  

Les femmes ne sont pas toutes égales face à ce cancer. 

Il n’existe pas qu’un cancer du sein, mais une multitude.  

Les hommes peuvent aussi être touchés par un cancer du sein. 

L’alcool et le tabac augmentent considérablement le risque de cancer du sein. 

Découvrons ensemble les informations essentielles à savoir sur le cancer du sein. 

L’anatomie du sein quand tout va bien 

La principale fonction du sein est de produire du lait pour nourrir un nouveau-né. Pour ce faire, chaque sein est constitué de :

  • Une glande mammaire composée d’une quinzaine de compartiments séparés par du tissu graisseux. Elle se développe sous l’influence d’hormones produites au niveau des ovaires. Les œstrogènes jouent un rôle de développement au moment de la puberté, mais ont aussi un rôle important tout au long de la grossesse. Puis la progestérone qui permet la différenciation des cellules du sein.
Coupe d'un sein

  • Lobules et canaux que l’on retrouve dans les compartiments de la glande mammaire. Ce sont les lobules qui ont le rôle de production de lait puis les canaux qui vont le transporter jusqu’aux mamelons.
  • Des vaisseaux sanguins qui parcourent le sein
  • Des vaisseaux et ganglions lymphatiques, notamment pour lutter contre les infections. On retrouve ces ganglions principalement à 4 endroits : le ganglion axillaire, les ganglions sus-claviculaires et sous-claviculaires, les ganglions mammaires internes.

Les 4 principaux types de cancer du sein

Un cancer du sein, c’est une tumeur maligne qui se développe au niveau du sein. Selon les cellules qu’il touche, alors il sera différent. Dans 95 % des cas, ce sont des adénocarcinomes, ils se développent sur les cellules épithéliales de la glande mammaire.

Il existe d’autres cancers, mais ils sont plus rares, comme le carcinome médullaire, mucineux, papillaire ou tubuleux. Ils ne représentent chacun qu’entre 1 et 2% des cancers du sein infiltrants.

Voyons les 4 cancers du sein les plus fréquents :

Le carcinome canalaire in situ – CCIS

Dans ce type de cancer, les cellules cancéreuses touchent uniquement l’intérieur des canaux. Elles ne franchissent pas la membrane basale. C’est pour cette raison qu’il est appelé « in situ ».

Ce cancer ne peut pas être senti lors de l’autopalpation ou de la palpation, car il est souvent très petit. Il sera diagnostiqué lors d’une mammographie de dépistage.

C’est pourquoi les campagnes de sensibilisation pour le dépistage sont si importantes, notamment octobre Rose qui a lieu tous les ans. Pour le grand public, mais aussi dans les entreprises pour toucher le plus de personnes.Pour cela, des solutions comme  libheros permettent d’accompagner les entreprises dans  la mise en place de conférence de sensibilisation au cancer du sein avec des sages femmes de son réseau..

Le carcinome canalaire in situ peut avoir trois grades (bas, intermédiaire et haut). Ils dépendent de l’apparence des cellules cancéreuses et de la rapidité à laquelle elles se développent par rapport aux cellules saines. Le grade permet aux médecins de définir la probabilité de réapparition du CCIS après traitement ou le risque d’évolution en cancer infiltrant (lorsque la tumeur envahit les tissus voisins).

Le CCIS se traite le plus souvent par un traitement locorégional, c’est-à-dire une chirurgie conservatrice du sein (tumorectomie) suivie d’une radiothérapie. 

Lorsque le carcinome canalaire in situ est à un grade plus élevé, comme la maladie de Paget, on peut avoir recours à une chirurgie non conservatrice du sein (mastectomie).

Le carcinome lobulaire in situ – CLIS 

Il représente 10 à 15 % des cancers in situ, il est donc plus rare.

Il est caractérisé par l’apparition de cellules cancéreuses dans les lobules. Souvent, il se manifeste en même temps dans les deux seins.

Le CLIS est diagnostiqué lors d’une biopsie suite à une mammographie pour vérifier une masse au niveau du sein. Une femme qui développe ce type de cancer est plus à risque de développer un cancer du sein infiltrant plus tard. D’autant plus si elle présente d’autres facteurs de risque.

Son médecin pourra mettre en place un plan de dépistage personnalisé en réalisant par exemple des mammographies plus régulièrement. Il peut aussi proposer un traitement à base de tamoxifène, une hormonothérapie qui permet de limiter le risque de transformation vers un cancer infiltrant. Parfois, une biopsie chirurgicale (prélèvement d’une partie ou de la totalité de l’anomalie) peut être proposée. 

Le carcinome canalaire infiltrant

Les cancers du sein infiltrant représentent 75 % des cancers. Et le canalaire, 75 % de cette part.

Ce type de cancer débute dans les canaux du sein puis il traverse les parois pour envahir le tissu mammaire. Si les cellules continuent à se développer, cela va former une masse dans le sein. Elles peuvent atteindre les ganglions axillaires ou d’autres parties du corps. On parlera alors de métastase.

Il forme une masse dans le sein. Il peut être repéré lors de la palpation puis confirmé grâce à la mammographie.

En fonction de l’apparence des cellules cancéreuses au microscope, les médecins ont établi des sous-catégories. Le traitement dépendra de plusieurs aspects (taille de la tumeur, grade, atteinte des ganglions lymphatiques ou non, etc.).

Le médecin peut proposer le recours à une tumorectomie ou une mastectomie. Puis associer ceci à de la radiothérapie ou de la chimiothérapie. 

Le carcinome lobulaire infiltrant

Quant à lui, il ne représente que 10 % des cancers infiltrants (il en existe d’autres, plus rares).

Il prend naissance dans les lobules puis se développe dans le tissu mammaire voisin. Il peut aussi être responsable de métastases au niveau des ganglions lymphatiques ou dans d’autres parties du corps.

Ce cancer est plus difficile à diagnostiquer avec une simple mammographie, car il ne forme pas de masse. Ce dernier forme une bande dans les tissus graisseux qui pourra provoquer des changements au niveau de l’aspect de la peau ou l’apparition de capitons.

Le médecin peut demander en plus à la patiente de réaliser une échographie, une IRM ou même une biopsie pour confirmer son diagnostic. 

Le traitement sera le même que pour le CCI, à adapter en fonction de l’aspect de la tumeur.

Maintenant que nous avons défini le cancer du sein et ses principaux types de carcinomes, voyons ce qui peut favoriser leur apparition.

Les facteurs prédisposant au cancer du sein 

L’âge et le sexe

Comme nous avons pu le voir, le cancer du sein touche plus souvent les femmes, même si 1 % de ces cancers concernent des hommes. Le sexe est donc le premier facteur de risque.

Vient ensuite l’âge puisqu’en effet, 80 % des cancers se développent après 50 ans. C’est pour cette raison que la campagne nationale de dépistage organisée cible les femmes de 50 à 74 ans. 10 % des cas de cancer du sein se manifestent chez les femmes âgées de moins de 35 ans.

Il est tout de même important d’avoir un suivi gynécologique régulier dès 25 ans. Il peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme pour effectuer notamment la palpation des seins.

Les antécédents personnels et familiaux

Le risque de cancer du sein est deux fois plus élevé si une parente directe (mère, sœur, fille) a déjà eu un cancer du sein.

Il augmente légèrement si ce sont des parentes du second degré qui ont été touchées (grand-mère, tante, nièce…).

Une femme qui a déjà contracté un cancer du sein est plus à risque d’en développer un autre sur le même sein ou  l’autre. Mais aussi si elle a déjà été touchée par un cancer de l’endomètre ou des ovaires, ce risque augmente.

Les femmes atteintes d’hyperplasie atypique (augmentation en nombre de cellules anormales) ont 3 à 5 fois plus de risques de développer un cancer du sein.

Un terrain génétique favorable au cancer du sein

Si plusieurs membres d’une même famille sont atteints du même cancer, il est possible que cela soit dû à une anomalie génétique qui se transmet entre les générations.

Plusieurs mutations de gènes ont été mises en évidence par la recherche. Mais être porteur de ces mutations ne signifie pas que le patient va développer un cancer. Cependant le risque augmente. On parle alors de prédisposition génétique.

Ces prédispositions touchent le plus souvent les gènes :

  • BRCA1 : BReast Cancer 1, gène 1 du cancer du sein
  • BRCA2 : BReast Cancer 2, gène 2 du cancer du sein

Mais certains syndromes de mutations génétiques plus rares peuvent augmenter considérablement le risque d’apparition d’un cancer du sein. Ce sont les mutations qui sont impliquées dans la réparation de l’ADN ou l’arrêt de la multiplication des cellules en cas de lésion au niveau de l’ADN (par exemple : T53, cette mutation de gène est présente chez les personnes atteintes du syndrome de Li Fraumeni, STK11 que l’on retrouve chez les personnes atteintes du syndrome de Peutz-Jeghers, etc.)

L’hygiène de vie

L’hygiène de vie est un facteur qui impacte beaucoup de maladies. En effet, avoir une mauvaise hygiène de vie augmente le risque de cancer du sein.

Nous allons aborder ici 4 mauvaises habitudes qui ont un impact sur l’apparition d’un cancer du sein.

  • La consommation de tabac : fumer régulièrement augmente le risque. Même si ce risque est moins important chez une fumeuse « passive » (c’est-à-dire avec un entourage qui fume), il est plus élevé qu’une femme qui n’est jamais exposée au tabac.

En 2018, 2600 cas de cancers du sein ont été causés par le tabagisme chez les 30 ans et plus.

  • La consommation d’alcool : la moyenne d’un verre par jour augmente considérablement le risque de cancer du sein. L’alcool entraîne une augmentation des œstrogènes qui a un rôle majeur dans le développement des cellules du sein.

En 2018, 8700 cancers du sein ont été en lien avec la consommation d’alcool.

  • Le surpoids/obésité : l’incidence est d’autant plus importante chez les femmes en surpoids ménopausées.
  • L’alimentation et l’activité physique : un manque d’activité physique et une mauvaise alimentation (pas assez de fruits, légumes, fibres, trop de viande rouge) augmentent les risques de cancer du sein.

En 2018, 2500 cancers étaient dus à une mauvaise alimentation et 2500 à un manque d’activité physique.

Le cancer du sein touche aussi les hommes

Bien que moins courant chez l’homme, le cancer du sein peut aussi affecter les hommes.. Ils représentent moins de 1 % des patients atteints du cancer du sein. Mais il est important que les hommes sachent qu’ils sont aussi concernés par ce cancer afin de pouvoir repérer les symptômes et le prendre en charge assez tôt.

C’est pour cette raison qu’il faut sensibiliser partout et toute l’année, et ne pas se reposer seulement sur les campagnes de sensibilisation organisées pour le grand public. Car souvent les hommes ne se sentent pas concernés par celles-ci.

libheros propose d’organiser des campagnes de sensibilisation dans les entreprises pour augmenter la portée de ce message. Cela se déroule sous la forme de conférences d’une heure animées par une sage-femme puis un échange pour répondre aux questions que chacun se pose.

Le but de nos campagnes est de sensibiliser et d’informer un grand nombre de personnes et d’être actif dans les enjeux de santé publique.

Le cancer du sein touche en grande partie les femmes et est différent d’une femme à l’autre. Cependant, toutes les femmes ne sont pas égales quant aux facteurs de risque pouvant impacter la survenue d’un cancer du sein. Certains de ces facteurs sont non modifiables alors que d’autres peuvent être évités (comme la consommation de tabac et d’alcool). C’est pourquoi pour prévenir le plus grand nombre de femmes et d’hommes, les actions de sensibilisation au niveau national ou en entreprise sont importantes.